hebrew english french russian

Historique du Site de la Colline aux Munitions- Jérusalem

Au début des années 30 du XXème siècle, sous la période du mandat britannique en Palestine, les Anglais avaient édifié le bâtiment de “L'École de Police” au Nord de Jérusalem (aujourd'hui dans les limites du quartier Maalot Dafna). Les munitions et explosifs qui étaient emmagasinés sur la colline proche, lui ont attribué le nom de “ La Colline aux Munitions”.

Durant la Guerre d'Indépendance le 19/5/1948 la Légion Jordanienne avait conquis certaines parties Nord de Jérusalem, dont la Colline aux Munitions et l'École de Police. Suite à la Guerre d'Indépendance, Jérusalem fut divisée en deux pendant 19 ans, la partie Jordanienne et la partie Israélienne. Une ligne de démarcation fut tracée entre les “deux villes”, de la Colline aux Munitions au Nord, jusqu'à l'abbaye Mar Elias au Sud, avec tout au long des barbelés, barrages, postes de contrôle, terrains minés et tours d'observation.

La vieille ville resta aux mains des Jordaniens. Le Mont Scopus devint une enclave israélienne gardée par 120 soldats de Tsahal, habillés en uniforme de police. Tous les 15 jours la moitié d'entre eux étaient remplacée par ceux que l'on nommait la “colonne de la quinzaine”.

Afin d’empêcher Israël de relier l'enclave du Mont Scopus (enlever la virgule) et de couper en sorte (enlever la virgule) la route qui menait de Jérusalem Est à Ramallah, les Jordaniens avaient construit 3 positions militaires avancées : le complexe de l'Ecole de Police- Colline aux Munitions, la position de Givat Hamivtar et la Colline Française (French Hill). Le complexe fortifié de l'École de Police-Colline aux Munitions était gardé par 150 Légionnaires Jordaniens du Régiment EL-HUSSEIN

Au matin du 5 Juin 1967 la Guerre des Six Jours a éclaté. Les efforts diplomatiques mis en oeuvre par Israël afin d'éviter le conflit avec la Jordanie avaient échoué. Le Roi Hussein de Jordanie, donna l'ordre à son armée d'ouvrir le feu. Le commandement de la région centre de Jérusalem, était composé de 3 divisions de réservistes, soutenues et appuyées par un régiment d'artillerie légère, un bataillon de blindés et des éléments de l'armée de l'air.

La 16ème division de Jérusalem freina l'attaque Jordanienne au Sud de la ville et s'empara du Palais du Gouverneur (Armonn Hanatsiv)- la “Position de la Cloche” (Hapaamonn), coupant ainsi la route de Jérusalem Est- Bethléhem.

La 10ème Division blindée de Harel était de son côté occupée au Nord Ouest de la Ville en direction des hauteurs de Nabis Samuel et coupa la route Jérusalem Ramallah.

La division 55 des paras qui devait être sur le front Égyptien fut rappelée au dernier moment vers la ville Jérusalem, vu la rapidité avec laquelle avait été anéantie ou presque l'armée égyptienne sur ce front.

La mission militaire de la 55 de Jérusalem était de défoncer les lignes Nord de Jérusalem afin de créer un pont de liaison avec le Mont Scopus et libérer Jérusalem. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1967 les régiments 28 et 71 attaquèrent la ligne de démarcation près de Nahalat Shimon. Le régiment de réserves de paras 66 attaqua près de l'École de Police. Sur la Colline aux Munitions se déroulèrent des combats sanglants, au corps à corps et héroïques sans pareil. Le 7 juin 1967 au matin les Paras réunifièrent la Vieille Ville. C'est alors que Mota Gour Commandant de la division de Paras déclara :”Le Mont du Temple est entre nos mains”. La Ville divisée fut réunifiée.

Lorsque les combats de la Guerre des Six Jours de 1967 commencèrent à faiblir (*), il y eut un besoin pressant de renforcer l'emprise juive dans la ville réunifiée. En premier temps le Gouvernement Israélien en place décida de construire un quartier sur un champ de terrasses découvert, non loin de l'ancienne ligne frontière qui divisait la ville au Nord Est de Jérusalem. Quelques jours après la réunification de la ville, des tracteurs et bulldozers s'apprêtaient à planifier et mordre du terrain près de Givat Hamivtar pour commencer à construire des maisons sur la Colline aux Munitions, lieu de combats héroïques d'où démarra la Bataille de Jérusalem.

Lorsque la nouvelle arriva aux oreilles du Commandant du Régiment Paras 66 (Yossi Yaffe zal), il s'adressa à Itzhak Feniger, le Père de Ofer (zal), premier soldat tombé sur la Colline, et lui demanda son soutien et son aide afin de protester, manifester et éviter de démolir la Colline.

Feniger s'adressa aux parents et familles des soldats tombés sur la Colline en leur demandant de veiller par petits groupes nuit et jour afin de sensibiliser les autorités et la population, dans le but de préserver ce site de combats héroïques, où les tranchées bétonnées témoignaient encore par des tâches de sang des soldats tombés et des éclats de balles sur ses parois la dureté des combats.

La ténacité, l'entêtement et les efforts investis par les parents des soldats tombés sur cette colline réussirent à sensibiliser et à faire basculer l'opinion publique et celle du Gouvernement, et ce, dans le but de laisser aux générations futures du Peuple Juif et des citoyens Israéliens un véritable héritage historique, militairement héroïque.

Les sensibilités des parents furent prises en considération et respectées. Feniger qui fut ensuite nommé premier Président Directeur proposa d'élever un mémorial basé sur trois éléments majeurs:

•  L'importance de cet évènement qui conduisit à la Libération de Jérusalem, par les divisions de Tsahal qui y avaient participé.

•  Perpétuer le souvenir des 182 combattants qui avaient sacrifié leur vie, tombés sur le champ de bataille pour la réunification de Jérusalem pendant la Guerre des Six Jours.

•  Conserver leurs héritages cultuels, culturels, privés (barda et matériel personnel, lettres qui n'ont pas été terminées avant d'être envoyées à leurs familles, poèmes écrits pendant l'attente, par les soldats tombés)

Sept années durant, le Comité de l'Association en place préserva ce projet. Un comité spécial se forma pour l'élaboration d'un site historique en joignant des personnalités et officiers qui avaient participé à la Libération de la Ville pendant la Guerre des Six Jours de 1967 avec à la tête de cette Association le Commandant (res.) Uzi Narkiss (zal). Au milieu de la Colline sont gravés les noms des combattants du régiment Paras 66 qui avaient défoncé la ligne de démarcation et pris le complexe Ecole de Police-Colline aux Munitions.

Vu l'importance de la Colline, elle fut déclarée site historique et site national et central en l'honneur des soldats des divisions qui avaient pris part à ces combats menés pour la libération et la réunification de Jérusalem.

En 1972, cinq ans plus tard, 182 oliviers furent plantés sur la Colline en souvenir des 182 combattants. En 1975, jour anniversaire de la Libération de Jérusalem, le site fut inauguré officiellement.

Depuis, l'ambiance sur le site de La Colline aux Munitions, a changé. Le vent qui souffle et murmure sur la cime des pins, a remplacé le bruit des explosions, des cris des blessés, l'odeur de la poudre et des armes. Les lieux des combats sont recouverts de gazon et de fleurs où jouent naïvement des enfants à la place des combattants, en courant dans les tranchées de la Colline.

A l'horizon proche du quartier de Ramot et des collines de Nebi Samuel s'élèvent des bâtiments taillés dans la pierre de Jérusalem. Sur la route qui mène à Sichem, nous pouvons apercevoir les bâtiments de la Colline Française et de l'Université de Jérusalem, et au coeur de cette Colline le Musée qui raconte et rapporte les récits de cette bataille acharnée et héroïque de Jérusalem.

* Le texte original a subi de légers changements., a paru la première fois – Feniger I. (rédacteur), Colline aux Munitions Guide aux visiteurs, Association pour la commémoration du Site Colline aux Munitions. 1979

* Origine: Idith Belkin “ Comment a été élevé le Mémorial” Colline aux Munitions”,avec: Navon H. Amikam B. (rédacteurs) Colline aux Munitions, Mémorial de la Colline et Ariel, Jérusalem 5762 pages 55-6

* Traduction Française : Yoav Dror Fédération Israélienne de Parachutisme



33.jpg
11.jpg