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Les événements qui menèrent à la Guerre des Six Jours.

Tout au début de l'année 1966 commencèrent une série d'événements qui mèneront par la suite a la Guerre des Six Jours. En Syrie, le Parti du Baath s'empara du gouvernement et continua sa politique agressive envers Israël. L'URSS accordant son support à la Syrie essaya d'entraîner l'Egypte dans ce conflit.

Au mois de Novembre 1966, l'Egypte et la Syrie signèrent un pacte de défense mutuelle, s'engageant à s'entraider en cas d'attaque sur l'une ou l'autre d'entre elles.

Pendant les mois d'Octobre et de Novembre 1966 les infiltrations de terroristes venant de Jordanie en Israël se multiplièrent. On en dénombra 13. Le Roi de Jordanie qui avait une attitude passive ne faisait absolument rien pour contenir ces éléments.

Au mois d'Avril 1967, les Syriens commencèrent à “réchauffer” la frontière. Les avertissements d'Israël les menaçant d'une réplique militaire, ne furent pas pris en considération. Le 7 Avril les Syriens empêchèrent les agriculteurs du kibboutz Haon de travailler leurs terres, et les chars israéliens répondirent par un feu nourri à cette agression. Les Syriens commencèrent à bombarder les kibboutzim de Ein Gev, Gadot, Haon et Tel Katzir situés au pied du Golan, près du Lac de Tibériade. Ces échauffourées se terminaient par d'impressionnants combats aériens, où 6 avions de combats syriens du type Mig furent abattus par la chasse Israélienne. Nasser envoya deux expéditions militaires en Syrie, et la Russie publia des informations mensongères sur des concentrations de 13 divisions de troupes israéliennes à la frontière syrienne. Le 14 mai le Directeur du Cabinet du Ministère de la Défense israélienne invita l'ambassadeur soviétique en Israël, Tchoubhin, à faire un tour d'inspection à la frontière Israélo-Syrienne afin de lui prouver le contraire. L'ambassadeur soviétique rejeta cette invitation.

Les informations mensongères syriennes et russes ne pouvaient pas laisser Nasser indifférent. Il se devait de manifester son support et tenir sa parole. Il voyait dans ses forces armées un élément capital pour dissuader les Israéliens de poursuivre leur politique, et en même temps de faire ses preuves vis a vis du monde arabe.

Le processus contrôlé de dégradation de la situation :

Entre les 14 et 16 Mai 1967, dans la région Sud. le Colonel Nasser poussa ses armées à une situation d'aggravation et de dégradation de la situation aussi bien sur le plan stratégique que politique. En tenant sa parole il espérait démontrer -ainsi qu’il s’est avéré-, la puissance de sa force de dissuasion et par ce fait entre autres, de reprendre le leadership du monde arabe: le 14 Mai 1967 l'armée égyptienne entrait en état d'alerte maximale, et entamait des pourparlers et coordinations militaires avec la Syrie. Le chef d'état-major égyptien se rendit à Damas la capitale syrienne.

Le 15 Mai 1967 en plein défilé militaire de Yom Atsmaout à Jérusalem, le Chef d'Etat-Major, Itshak Rabin reçut un message inscrit sur un bout de papier lui annonçant le mouvement,au grand jour de troupes égyptiennes dans le Sinaï et que l'armée syrienne était en état d'alerte. L'entrée des forces égyptiennes dans le Sinaï se déroula donc au grand jour, couverte par la presse internationale. Nasser ne se contenta pas uniquement d'une concentration de forces dans le Sinaï et le 16 Mai 1967 Mohamed Faouzi le chef d'état-major égyptien exigea du commandant des forces d'intervention de l'ONU de retirer ses forces de la frontière et de les transférer dans la bande de Gaza.

A ce stade Nasser ne voulait pas entrer en guerre et n'en avait aucune intention. Cette demande d'évacuation partielle des forces de l'ONU avait pour but de vider de son contenu la déclaration du Roi Hussein de Jordanie qui prétendait que l'Egypte se “cachait sous la tutelle” de l'ONU afin de ne pas provoquer Israël.

Le 17 Mai 1967 le secrétaire général de l'ONU annonça qu'il rejetait la demande égyptienne. Les forces de l'ONU resteront sur place ou évacueront totalement. L'armée jordanienne entra à son tour en état d'alerte et les Syriens renforcèrent leurs dispositifs à la frontière Nord. Nasser, lui, n'avait pas pris en considération cette déclaration soudaine du secrétaire de l'ONU d'évacuer les forces d'intervention de l'ONU, ne lui laissant aucun champ de manoeuvre. S'il demandait d'annuler le retrait des forces de l'ONU, cela ferait douter de sa fiabilité et de son honneur aux yeux du monde arabe et provoquerait sûrement la perte de son poste de Président de l'État Égyptien.

Le processus incontrôlé de la dégradation :

•  Le 18 Mai 1967 Nasser donna l'ordre d'évacuation totale des forces de l”ONU, les gardes-frontières égyptiens remplaçant les soldats de l'ONU aux postes d'observations dans le Sinaï.

• Le 19 Mai 1967 les forces de l'ONU évacuèrent la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza. Les Egyptiens renforcèrent leur présence militaire avec plus de 3 divisions. Israël commença à enrôler en masse les réservistes des trois régions militaires. Ce fut le début de la période de tension et d'attente aux frontières.

•  Le 22 mai 1967, lors du Forum des officiers égyptiens, Nasser annonça la fermeture du Détroit de Tiran et déclara :” Les Juifs nous menacent d'entrer en guerre,…nous nous leur répondons AHALANN OUA SAHLANN (soyez les bienvenus), nous sommes prêts à la guerre!”.

•  La fermeture du détroit de Tiran fut une déclaration de guerre aux yeux d'Israël.

Le chef d'état-major était prêt militairement et fit une lourde pression sur le gouvernement, alors que le niveau ministériel était pour une offensive diplomatique supplémentaire afin d'être certain que tout avait été mis en oeuvre diplomatiquement avant d'opter pour une offensive militaire. Aux yeux de la population israélienne cette politique du gouvernement était décrite comme “hésitante”, craintive et non sûre d'elle même. Pour Nasser cela représentait un signe de faiblesse de la part des Israéliens.

Le Comité ministériel des affaires de Défense décida de patienter encore 48 heures pour tenter d'aboutir à des résultats diplomatiques. Aba Even, alors Ministre des Affaires Etrangères, fut délégué en urgence aux Etats Unis afin d'obtenir un support international. Il rencontra aussi en France le Général De Gaulle, ce dernier le mettant en garde et surtout “de ne pas tirer le premier coup de canon”.

•  Le 31 Mai 1967, le commandant suprême des forces arabes unifiées, arriva à Amman en Jordanie et pris la responsabilité militaire du front Jordano Israélien. En Israël la population exigeait un gouvernement de coalition et la passation du portefeuille du Ministère de la Défense à Moshé Dayan.

•  Le 1er Juin 1967 l'ordre d'attaquer de l'armée égyptienne fut diffusé. Son objectif majeur : l'anéantissement des forces armées d'Israël. Les forces égyptiennes étaient toutes prêtes et concentrées dans la péninsule du Sinaï. En Israël un gouvernement de coalition fut crée et Moshé Dayan fut muté Ministre de la Défense. Menahem Begin et Yossef Sapir, reçurent des postes de ministres sans portefeuille.

•  Le 2 Juin 1967 une réunion du Comité des Ministres de la sécurité, de la défense et de l'État-Major eut lieu, prenant la décision d'une offensive militaire mais pas avant le 5 Juin.

•  Le 4 Juin 1967 le Gouvernement donna son approbation et son accord à TSAHAL pour attaquer le 5 Juin 1967, comme il avait été prévu.

•  La Guerre des Six Jours débutera donc le 5 Juin 1967 vers 07.45 heures. La première offensive opérationnelle militaire sous le code “MOKED” fut celle de l'Armée de l'Air: Les pilotes de l'Armée de l'Air furent réunis avant leur sortie en opération” Moked” et reçurent leurs instructions et plans d'attaques. Plus d'une fois ils durent se faire entendre et répéter : viser les cibles, interdiction de briser le silence radio, même si leur appareil devait être abattu, ne pas voler au dessus de 100 pieds d'altitude. Après avoir été briefés et équipés de cartes et plans de vol, ils prirent leur envol les uns après les autres dans un silence total. Ils réalisèrent dans une première vague, 183 raids aériens dont 173 sur les pistes des aéroports ennemis, ne laissant au programme que quelques dizaines de vols de patrouille de reconnaissance aérienne, prises de vues aériennes et transmissions.

Limités dans le temps pendant cette première vague d'attaque aérienne, les pilotes devaient surtout ne pas être repérés par les radars et batteries anti-aériennes ennemies afin d'accomplir leurs tâches avec succès. Chaque équipe de chasse avait entre 5 et 7 minutes à sa disposition. Ils devaient bombarder et anéantir les appareils de chasse ennemis, ensuite retourner pour réaliser encore 3 vols d'attaques de batteries anti-aériennes et de radars.

Les résultats de l'attaque de cette première vague courte, étaient plus que satisfaisants. 204 appareils, représentant plus de la moitié de l'armée de l'air égyptienne furent anéantis. 95 avions de chasse israéliens réussirent à anéantir tous les avions à l'heure “H”. La plupart des appareils abattus au début de l'offensive étaient des bombardiers de l'armée de l'air égyptienne et presque tous les appareils de chasse qui étaient stationnés dans le Sinaï. Les aéroports situés dans le Sinaï furent entièrement détruits, y compris celui de Faid, Cabrit et Inchass.

La réussite de la première vague offensive le premier jour, permit à la chasse israélienne de concentrer très rapidement ses efforts et de neutraliser l'avancement des forces égyptiennes au sol puis de donner ensuite un support massif à nos troupes qui combattaient sur tous les autres fronts.

Pendant cette première vague sur 5 pilotes, 2 furent faits prisonniers et 3 autres furent blessés. 8 Appareils israéliens en tout et pour tout furent abattus dont 4 dans des combats aériens.

Le front Jordanien:

La ligne de cessez-le-feu israélo-jordanienne qui était tracée passait du Nord au Sud, dans la vallée du Jourdain, la vallée de Beith Shéan, la vallée de Jezréel, et vers l'ouest l'Oued Ara, la plaine côtière (les villages de Oum-El-Fahem, Toul Karem- Kalkilya), la vallée Ayalon, le corridor de Jérusalem, Jérusalem, Beit Govrin, Lahav, la région de la Mer Morte (coupée au centre), la région de Sodome, la vallée de l'Arava jusqu'à Eilat sur les bords de la Mer Rouge.

Tout le long de cette ligne de cessez-le-feu avec la Jordanie, Jérusalem était le point le plus sensible du fait de son caractère exceptionnel et religieux d'une part, de sa ligne de démarcation d'autre part, qui traversait des concentrations de populations civiles et divisait la ville, et entre autre en raison de la présence des bureaux ministériels et autres institutions nationales qui se trouvaient à portée de feu de l'ennemi.

“La Ligne de Démarcation”.- Le 30 Novembre 1948 un accord fut signé entre Israël et la Jordanie, un ‘accord de trêve des hostilités”, base sur laquelle une ligne de démarcation était tracée, divisant la ville 19 ans durant. Cette ligne fut tracée par le responsable militaire de la région de Jérusalem, Moshe Dayan et le lieutenant Colonel Jordanien Abdellah El-Tel , qui s'étaient rencontrés dans le “no mans land “ du quartier de Moussrara. C'est alors qu'ils parvinrent à un accord où chaque côté définit ses positions militaires et points d'observation, sur une carte à l'échelle 1:20.000. La ligne de démarcation d'une longueur de 7 kms démarrait de Beit Tsafafa, en passant par Ramat Rahel et de là vers le quartier de Talpiot et Abou Tor, pour redescendre vers le versant de la colline de Gay-Hinom (vallée de l'enfer) pour remonter ensuite vers le Mont Sion, et de là pour continuer au pied des murailles, couper “Hotsot Hayotser” et se diriger vers Beit Tanous (face à la porte de Jaffa). De cet endroit, elle descendait par la route Soleiman (la traversée des Paras d'aujourd'hui), aux limites du quartier de Moussrara et Beith Israël, pour aboutir à la Porte Mendelbaum face à l'Ecole de Police.

Le tracé des cartes se fit avec des feutres dont la pointe était d'une épaisseur de 2 à 3 mm, mais qui représentaient dans la réalité sur le terrain 40 à 60 mètres…Le 3 Avril 1949 fut signé l'accord de cessez-le-feu entre Israël et la Jordanie et la carte avec son tracé fut ainsi adoptée. Avec le temps qui s'écoulait cette carte créait de nombreux conflits, car la matière du feutre avec laquelle elle fut dessinée faisait en sorte que l'épaisseur de la ligne (supprimer fondue) débordait en s'étalant, couvrant des morceaux et “annexant des territoires”!!! Il y eut des problèmes pour désigner l‘endroit exact où passait la ligne de démarcation et les “no mans land”. Des parties de cette ligne furent signées avec l'accord des deux côtés avant le 30 Novembre 1948. Il s'agissait du Palais du Gouverneur (Armonn Hanatsiv) et l'enclave du Mont Scopus. Tous deux furent déclarés territoires “démilitarisés”. En réalité le passage de la Porte Mendelbaum en faisait aussi partie.

L'Enclave du Mont Scopus.- Le Mont Scopus, qui s'élève du côté Est de Jérusalem à une altitude de 821 mètres au dessus du niveau de la mer, se situe sur les hauteurs côté Nord-Est de la ville. À cet endroit furent construits l'hôpital « Hadassah » et l'Université Hébraïque de Jérusalem. Le 7 Juin 1948 un accord fut signé avec les Jordaniens faisant du Mont Scopus une enclave démilitarisée. D'après cet accord il était interdit d'avoir une présence militaire quelconque, mis à part 86 policiers, 35 civils du côté israélien et 40 policiers du côté Jordanien. L'accord stipulait encore que tous les 15 jours, Israël serait en droit de remplacer la moitié de ses effectifs sur le Mont. Afin de permettre de les remplacer il fut conclu que les Jordaniens laisseraient passer une colonne de policiers et civils, sous contrôle de l'ONU. L'enclave du Mont Scopus devint un point stratégique important, car il permettait de surplomber du haut de ses hauteurs, l'accès nord vers Jérusalem et de contrôler les mouvements dans la vieille ville et ceux vers la vallée du Jourdain.

Le développement des combats sur le front Jordanien.-

Sur le front Jordanien, Israël n'avait pas d'intention de guerre, et mieux encore, elle le fit savoir au Roi Hussein de Jordanie. Le 10 au matin, le Gouvernement Israélien passait un message au Roi, espérant que ce dernier n'ouvrirait pas les hostilités avec Israël soulignant qu'Israël n'attaquerait en aucun cas le premier. La Jordanie fit malheureusement la “sourde oreille” à ce message.

Le 5 Juin à 09.30 heures , le Roi Hussein fit un discours à radio Amman, dans lequel il exprimait sa volonté de libérer les terres volées de la patrie. En parallèle fut déclaré l'état d'alerte.

A 09.45 heures les Jordaniens ouvrirent les hostilités le long de la ligne de démarcation à Jérusalem et à 10.00 heures ils ouvrirent le feu sur le Mont Scopus.

A 10.30 heures la radio d'Amman annonça la prise du Palais du Gouverneur (Armonn Hanatsiv).

A 11.00 heures l'armée Jordanienne ouvrit le feu sur Jérusalem et sur l'enclave du Mont Scopus

A 11.50 heures, l'armée de l'air Jordanienne entra en action et bombardait Netanya et Kfar Saba. De plus ils ouvrirent le feu sur un camp militaire, sur des aéroports près de Megiddo, et sur certaines agglomérations civiles à l’intérieur des frontières officielles reconnues de 1948. Les bombardements massifs avaient dépassé largement les limites de son pacte d’engagement d'aider militairement les Égyptiens.

A 13.30 heures les forces de la Légion Jordanienne s'emparaient du Palais du Gouverneur et TSAHAL entamait la bataille de Jérusalem

Le commandement Militaire de la Région Centre.- Le 5 Juin au matin, le Commandement Militaire de la région Centre était prêt à l'offensive face à l'armée jordanienne et cela d'après les plans militaires. Jérusalem et le corridor étaient sous la responsabilité de la Division de Jérusalem (HaHativa HaYeroushalmit). Pendant et après la journée du 5 Juin, suite à l'ouverture des hostilités avec la Jordanie un renfort d'hommes et d'armement fut possible grâce à la réussite de Tsahal sur le front égyptien. C'est ainsi que sur le front jordanien furent envoyées en renfort la Division 55 des parachutistes, composée des régiments 66, 28, 71, et l'unité de reconnaissance de la compagnie 77 (Sayeret) ainsi que le peloton 683 du Génie.



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