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La Période du Mandat Britannique et la Guerre d’Indépendance.

Suite à la déclaration Balfour du 2 Novembre 1917, l'Angleterre donna favorablement son accord, non seulement pour la création d'un foyer national en Terre d'Israël, mais reconnut aussi le droit du Mouvement Sioniste qui représentait les aspirations du peuple Juif. Un mois après cette déclaration, les Britanniques conquièrent cette partie du Moyen-Orient et le Général Allenby fait son entrée victorieuse en défilant dans les rues de Jérusalem. Il fut reçu favorablement par les habitants du Yichouv Juif en Eretz, pour qui cela signifiait la construction sous peu d'un Etat Juif en Terre d'Israël. Le gouvernement central britannique créera son siège à Jérusalem.

Les habitants arabes qui ne voyaient pas d'un bon oeil cette déclaration et l'intention des Anglais d'aider les Juifs, commencèrent par exercer des pressions qui dégénérèrent en pogroms (1920-1921). Des bandes arabes attaquèrent tout au début des agglomérations juives en Galilée : Metula, Tel Hay et autres. Les attaques criminelles sur les habitants de Jérusalem n'allaient pas tarder à venir : 6 Juifs furent assassinés et 200 autres blessés, des synagogues furent brûlées et des magasins pillés.

Prirent part à ces événements des policiers arabes et britanniques, et rien que trois jours plus tard l'armée anglaise intervint en mettant non seulement la faute sur les Juifs du Ychouv, mais aussi en arrêtant nombre d'entre eux. Suite à ces agissements il était certain qu'il ne fallait pas compter sur les Anglais mais que sur soi-même, situation qui mena en 1920 à la création de l'organe de la Haganah (défense Juive). La Haganah organisa un système de défense interne dans les agglomérations et concentrations de populations juives, en cas d'attaques.

Après quelques années de calme, en 1929, les arabes se sentirent menacés par l’augmentation progressive de la population Juive du Ychouv et du nombre grandissant de fidèles qui priaient au Mur des Lamentations. Le 23 Août 1929 se déroula une manifestation de force des Juifs au Mur des Lamentations (Kotel) exprimant leur droit de culte et d'accès aux lieux saints. Les Arabes armés de gourdins et d’armes blanches déferlèrent en masse en direction des quartiers Juifs de Jérusalem. Le lendemain, jour du Shabat 24 Août 1929, les émeutes se propagèrent à Hébron, où furent assassinés 67 Juifs et des maisons pillées. Le résultat de ces événements fut l'anéantissement presque total de cette très ancienne communauté religieuse installée à Hébron depuis des siècles. Les juifs de Safed et de Gaza ne furent pas épargnés. Ils furent touchés à leur tour. Par contre les Juifs de Tel-Aviv et ses environs réussirent a repousser ces attaques aveugles et sanglantes avec l'aide et le support défensif de la “Haganah” .

En 1931, suite à ces émeutes, un groupuscule se détacha de la “Haganah” pour créer une nouvelle structure reconnue par la suite sous le nom du ETSEL (Organisation Militaire Nationale- Irgoun Tsvai Leumi) dont la doctrine était de contre attaquer les assaillants. Ses combattants prirent des initiatives, organisant des opérations ciblées et des embuscades “en dehors des frontières” des agglomérations Juives, chose qui ne se faisait pas jusqu'alors.

Du côté Britannique l'on publiait une série de “livres blancs”, décrets accélérant une politique de répression contre les libertés de mouvement et d'action pour les Juifs, et notamment limiter leur pouvoir et droit d'achat de terres, limiter par des quotas l'immigration des Juifs en Terre d'Israël, cela suite aux pressions des Arabes. Ces décrets allaient à l'encontre de l'esprit dans lequel avait été rédigée la déclaration Balfour de 1917.

Les Britanniques subirent une pression plus grande encore entre 1936 et 1939, début de la “grande révolte arabe”, années pendant lesquelles des convois de vivres et de munitions des Anglais furent attaqués. Le représentant du Gouverneur Britannique en Galilée fut assassiné, et des attaques d'agglomérations Juives en Galilée furent perpétrées. Plus de 80 civils, hommes femmes et enfants furent tués et 369 autres blessés. 19 Écoles furent attaquées, 9 orphelinats et maisons d'enfants incendiés, ainsi que 3 maisons de vieux.

380 Attaques de trains et bus eurent lieu et près de 17.000 acres de terres agricoles anéanties. En réaction au fait que les Arabes les avaient détruites, le domaine de l'agriculture fut au contraire développé par les habitants et agriculteurs Juifs. La “Haganah” changea aussitôt de stratégie de défense et d'actions en créant une “unité mobile” qui devint par la suite les “Plougot Hassadeh- Escadrons des champs”, qui avaient pour mission de prévenir et déjouer les plans d'attaques des Arabes sur les agglomérations Juives, par des embuscades et des patrouilles de nuit, y compris des raids sur les campements arabes d'où sortaient les attaquants.

En parallèle se développa en coordination étroite avec les Anglais l'idée de créer des “brigades commandos de nuit” qui seraient entraînées par Orde Charles Wingate, Général dans l'armée britannique, surnommé “l'Ami” (Hayedid). Ces brigades-commandos de nuits attaquaient et démantelaient les bases des bandes d'assaillants arabes. En plus des brigades de nuits, les Juifs furent enrôlés au sein de la Haganah pour créer des unités de police de garde à cheval (Les Notarim) dans les agglomérations juives. La résultante de ces actions fut le développement et le défrichement des terres ainsi que la défense des Juifs du Ychouv, période pendant laquelle furent créés les systèmes de défense et protection des agriculteurs bien connus sous le nom de “Tours et Enceintes” .

Suite à l'ouverture des hostilités de la deuxième guerre mondiale, un appel fut lancé à la population juive par David Ben Gourion, alors chef suprême des organisations sionistes, afin de s'enrôler dans les rangs de l'armée britannique et d'aider à combattre l'envahisseur nazi. Un groupe de combattants du ETZEL (Irgoun Tsvai Leoumi) ne perdant pas cette opportunité de combattre les Anglais, alors occupés sur le front nazi, se détacha du ETZEL et créera un nouveau mouvement le LEHI- (Lohamei Hérout Israël)- Les Combattants pour la Liberté d'Israël-, et qui avaient pour but principal de chasser de Palestine (supprimer la virgule) les occupants Anglais. Une série de raids sur les infrastructures économiques et militaires des Anglais en Eretz, et bien sûr la mise à mort de dirigeants du Gouvernement Britannique avait été planifiée et mise en route.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, les Britanniques ayant aggravé et rendu les décrets encore plus stricts contre les Juifs du Ychouv, comme l'interdiction du droit d'immigration en Eretz, des rescapés de l'Holocauste nazi et des Juifs de Yémen, du Maroc et autres…, il était clair que la Déclaration Balfour devenait non plus une réalité mais s'éloignait à jamais dans le vent comme une feuille de papier sur laquelle elle avait été écrite et qu'il était devenu maintenant impératif et urgent de mener un combat réel en ralliant toutes les forces existantes du Ychouv. Naîtra alors “Le Mouvement de Révolte Juive” dont les buts principaux étaient de combattre et chasser les Anglais de cette terre.

Ce nouveau mouvement fut démantelé après l'attentat meurtrier de l'hôtel King David de Jérusalem, où toute l'aile sud qui servait de bureaux aux services administratifs britanniques fut anéantie. Les combattants du ETZEL déguisés en simples ouvriers déposèrent dans les cuisines du sous-sol des bidons de lait contenant 350 kgs. d'explosifs. Vers 12.00 heures les combattants du ETZEL prévenaient les autorités britanniques qu'il y allait avoir sous peu une explosion dans l'hôtel. Nulle personne ne prit cette menace au sérieux, ou décida d'évacuer le personnel. À 12 h 30 une terrible explosion eut lieu anéantissant toute l'aile sud de l'hôtel et les étages du dessus, faisant 91 morts dont: 28 Britanniques, 41 Arabes, 17 Juifs et 5 hôtes de l'hôtel. Durant 48 heures les soldats du Génie de l'armée britannique dégagèrent les corps ensevelis sous les décombres. 476 personnes furent blessées dans cet attentat.

Suite à cet attentat meurtrier, et à la dissolution de ce mouvement, toutes les autres cellules continuèrent leurs actions de manière indépendante. Le 29 Novembre 1947 l'ONU annonça la fin du mandat britannique en Eretz Israël et son partage en deux Etats : la partie arabe et la partie juive, tandis que Jérusalem et ses quartiers environnants furent mis sous contrôle international. Les leaders et représentants Juifs acceptèrent le partage afin de permettre aux centaines de milliers de rescapés et réfugiés juifs qui étaient emprisonnés dans des camps d'arrêt à Chypre, à Atlit et autres, d'immigrer et de s'intégrer en Eretz .

Par contre, les Arabes, repoussèrent cette décision de partage de l'ONU, et du jour au lendemain des attaques furent perpétrées contre les populations et villages Juifs. Les Britanniques, eux de leur côté, se préparaient à quitter tout en continuant à empêcher l’immigration Juive libre vers Israël, interdisant les ports d'armes et toute activité des organisations de défense à caractère militaire. Durant les combats les efforts de guerre étaient basés sur trois axes: les villes à populations mixtes comme Jérusalem, Tibériade etc.., la défense des villages isolés, et les accès aux routes stratégiques.

Le 10 Mars 1948, le commandement suprême de la Haganah publia un ordre de haute importance du programme surnommé “plan D”, premier plan stratégique de la guerre d'Indépendance. Les principaux points de ce plan étaient d’occuper tous les territoires reconnus par l'ONU lors du plan de partage, ainsi que les implantations formant des blocs de population à majorité juive qui se trouvaient en dehors de ces limites, et entre autre les points stratégiques qui surplombaient les points d'accès en cas d'invasion des pays arabes.

La plus grande opération qui eut lieu dans le cadre du “plan D” fut l'opération Nahshon qui avait pour but l'ouverture de la route qui menait vers Jérusalem, avec des forces armées constituées de divisions de soldats, équipées d'armes qui étaient arrivées de Tchécoslovaquie la veille de l'opération.

Pendant cette opération des colonnes de vivres et médicaments faisaient leur route vers Jérusalem (bien que la route ait été bloquée plus d'une fois par manque de forces régulières). L'opération Nahshon fut un tournant capital et décisif pour le Ychouv Juif en guerre avec les armées arabes. Elle fut suivie par l'opération Harel, dont fit partie le transfert de vivres transportées par des centaines de camions “sandwiches” vers Jérusalem, le soir du Séder de Pessah 1948. Vint ensuite l'opération Maccabi qui échoua, et qui avait pour but la prise de la forteresse de Latrun afin d'élargir l'emprise de la route qui menait à Jérusalem.

A l'heure où furent repoussées les attaques de “l'armée de sauvetage” (constituée de volontaires arabes avec en tête Faouzi El Kaoukdj, venu de Syrie pour aider les arabes qui vivaient en Eretz), sur le kibboutz Mishmar Haemek, et celles du bataillon druze sur le kibboutz Ramat Yohanan, ce dernier acceptait de rejoindre les forces de la Haganah.

Jusqu'à la déclaration de l'Indépendance, la ville de Jaffa (Yaffo) fut conquise ainsi qu'une partie de Tibériade, Haïfa et Safed ainsi que des dizaines de villages arabes, et commença alors la fuite des Arabes d'Eretz Israël qui devinrent des réfugiés. A la mi-mai Akko fut prise aussi.

La réussite du plan D, n'évitera pas des échecs cuisants. Le bloc d'agglomération Juive de Goush Etzion fut attaqué et ses occupants battirent en retraite et se rendirent à l'ennemi la veille de la déclaration de l'Etat Juif. Har Tov, Atarot et Newe Yaakov au Nord de Jérusalem furent évacués. Près de la Mer Morte, le village-kibboutz de Beith Haarava fut évacué. La réussite du Pland D améliora les conditions et positions stratégiques avant la déclaration de l'indépendance prenant en considération la proche invasion des armées arabes.

Le 14 Mai 1948 David Ben Gourion déclara l'indépendance de l'Etat d'Israël, et les cinq armées arabes : le Liban, la Syrie, l'Egypte, la Jordanie et l'Irak attaquèrent le jeune Etat Juif.

Le premier mois l'armée égyptienne encercla le Negev. Dans la région de Jérusalem, les Jordaniens occupèrent Goush Etzion. Atarot, Newe Yakov, la Colline du Radar, Cheikh Jerrah, le Mont des Oliviers, l'hôpital de Augusta-Victoria et toute la Vieille ville. L'armée Irakienne occupa les monts de Samarie. Les Syriens conquirent Mishmar Hayarden, tandis que les Libanais et “l'armée de sauvetage”, renforcèrent leur emprise (supprimer dans) sur les hauteurs de la Galilée.

Pendant la guerre, le 1er Juin 1948 la Haganah devint l'Armée de Défense d'Israël –TSAHAL-Deux mois plus tar une trêve parviendra, et qui permettra une réorganisation des forces armées.

La Guerre d'Indépendance ne se terminera pas par des accords de Paix, mais seulement par un cessez-le-feu avec la Jordanie, l'Egypte, la Syrie, le Liban. L'Irak ayant rendu la partie conquise de la Samarie aux mains des Jordaniens, s'opposa à toute tractation ou accord diplomatique avec Israël.

Les frontières tracées le 29 Novembre 1947 par l'ONU furent élargies créant une continuité territoriale. Dans le cadre d'un accord où les lignes du cessez-le-feu devinrent les lignes de trêve des combats, Israël aura perdu le contrôle sur la Vieille ville de Jérusalem, sur Goush Etzion, Atarot, Néwé Yaakov au nord de Jérusalem, Beith Haarava près de la Mer Morte et à Kfar Darom dans la bande de Gaza.



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