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La 55ème Division Parachutiste

A l'origine, la mission de la Division Parachutiste était de sauter sur El Arish dans le Sinaï, région située au nord de l'Egypte, au cas où nos forces devraient faire face à des obstacles. Le 5 Juin il s'avéra que ce n'était plus nécessaire vu les réussites de l'armée de l'air israélienne et la rapide progression de la Brigade de Tal. À 14.30 heures l'ordre de mission arriva au commandant de la Division 55, précisant le renforcement des troupes du Commandement Centre qui étaient à Jérusalem, et ce, du fait que les Jordaniens avaient commencé a bombarder la ville.

Au début de la soirée les soldats arrivèrent au quartier de Beith Hakerem. L'heure “J” (heure à laquelle devait débuter l'offensive) fut fixée à 02.00 heures, et cela malgré le manque d'informations et de renseignements, mais avec le but de profiter de l'obscurité. Un escadron de chars du bataillon 182 aida pendant une heure et quart, sous une pluie d'obus, à défoncer la première ligne. Avec eux opérait un peloton du Génie de la Division, qui ouvrit la voie aux chars, vers la ville.

Le 66ème Bataillon:

Sa mission était de percer la “ligne de démarcation” dans la zone du quartier de Fadj'I, de contrôler la route de l'oued de DJoz au Nord et l'hôtel Ambassador, puis d’être en attente pour attaquer dans la vieille ville et/ou faire la jonction avec le Mont Scopus. Dès la percée à Fadj'I en direction de la frontière, une surprise attendait nos forces, où se présentaient 4 lignes de barbelés au lieu de 3. Leur démantèlement prit du temps sous un feu intense, et à 03.15 heures le chef du peloton Doudik, entra dans une tranchée communicante reliant l'École de Police à la Colline aux Munitions. Cette longue tranchée était très étroite et ne permettait à l'intérieur qu'une progression en file indienne, situation qui ralentissait la progression des combats, car seul le soldat en tête de file était en position de pouvoir combattre. Lorsque l'un d'eux se faisait blesser ou tuer, il fallait lui marcher dessus et continuer à se battre pour avancer et atteindre les objectifs. Au même moment la compagnie “A” nettoya l'École de Police. Lorsque Doudik arriva à l'arrière de la tranchée communicante et au bout de la tranchée ouest de la Colline aux Munitions, il prit alors conscience qu'il n'avait presque plus de munitions et que ses soldats étaient éparpillés, blessés ou tués. Le Chef du bataillon comprenant que Doudik, n'était pas en mesure de se réorganiser pour prendre la Colline, il envoya Dedi Yakobi, chef de la compagnie “C” remplir cette mission. La Colline aux Munitions avait la forme renversée d'une lettre hébraïque avec une base à 3 bras (lettre Shine en hébreu, mais inversée), avec 3 tranchées côtés Est, Centre et Ouest, reliées par une large tranchée, et dans chacune d'elle des bunkers dans lesquels se cachaient les soldats de la Légion Jordanienne. Le plan était que chaque compagnie prendrait une tranchée différente, mais par erreur et incompréhension deux compagnies se sont retrouvées dans la même tranchée centrale, et une compagnie entra dans les tranchées Est , alors qu’aucune d'entre elles ne pénétra dans la tranchée Ouest qui était la plus bétonnée. Etant donné que les rapports qui arrivaient des forces engagées dans la tranchée Est, signalaient qu'il n'y avait pas de forte opposition de l'ennemi, le Chef de Division donna l'ordre aux escadrons “A” et “D” de continuer d'accomplir la mission suivante- l'hôtel Ambassador. A 04.00 heures l'escadron “D” commençait à avancer vers l'hôtel avec en queue de file, l'escadron “A”. Dans leur avancée l'escadron “A” fut pris sous le feu qui parvenait des maisons et bâtiments de Givat Hamivtar. Gabi Magal, le chef d'escadron donna la responsabilité à son sous chef Ofer Feniger de s'occuper des francs tireurs Jordaniens. L'escadron “D” lui, s'empara de l'hôtel Ambassador, tandis que Gabi lui-même à la tête de ses compagnies restantes, prit l'hôpital Français et l'embranchement tout proche. Il s'avérera que le contrôle de cet embranchement aura un impact décisif par la suite pour la progression des forces en direction du Mont Scopus. Cet endroit assurait le flanc de toute la Division qui combattait dans la ville. Le Chef du Bataillon donna l'ordre à Gabi de prendre position en direction de la Colline Givat Hamivtar et de positionner deux chars d'assaut face à cette colline, dans le but de maintenir une pression constante sur ce complexe jordanien, et donna l'ordre à l'une des compagnies de continuer à nettoyer Cheik Jerrah, en se dirigeant vers l'Oued de Wadi Djoz. Au même instant la bataille sur la Colline aux Munitions prenait de l'ampleur et de la gravité, car la plupart des officiers qui étaient en tête tombèrent ou furent blessés les premiers. Devant cette situation les simples soldats prirent le contrôle du combat et continuèrent à se battre seuls. La compagnie qui se trouvait dans la tranchée Est eut à faire face à de nombreuses difficultés et au fur et à mesure que les combats s'aggravaient, elle subissait encore des pertes. L'escadron “C” fut presque totalement anéanti et son commandant fut transféré à l'une des compagnies de l'escadron “A” pour aider la compagnie d'Ofer qui ne demandait pas mieux. Les rapports signalaient au Commandant du Bataillon Yossi Yaffe une situation grave. S'adressant à l'escadron “B” il leur demanda de monter sur la Colline aux Munitions pour aider les forces qui y combattaient. Ce fut la première fois que des forces entraient dans la tranchée Ouest ! Le grand bunker à proximité du croisement en haut des trois tranchées, était le dernier bunker qu'il fallait faire tomber, et ce ne fut qu'après un quatrième assaut, avec 16 kilos de dynamite, que les soldats parvinrent à le faire tomber. Ils firent exploser le bunker aux environs de 06.15. En fin de compte c'est à ce stade-là, que la bataille sur la colline aux Munitions se termina. Malheureusement le dernier soldat tué fut Ofer Feniger, touché par le tir d'un franc-tireur jordanien de la colline Givat Hamivtar, quelques heures plus tard, pendant l'évacuation des morts et blessés.

 

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Les combats sur la Colline aux Munitions

 

Le 71ème Bataillon:

La mission du Bataillon 71 était de faire une percée près de la zone de l'usine de fabrication de blocs de béton, à côté de la Porte Mandelbaum, d’avancer ensuite vers le quartier de Wadi Djoz, de nettoyer le “quartier de la Colonie Américaine” et celui de Bab-A-Zahar et de bloquer l'axe qui menait à Ramallah au nord, et à la route de Jéricho à l'Est.

L'offensive débuta à 02.30 heures, le peloton “V” défonça la position en 45 minutes et fit une percée des lignes de barbelés et obstacles sous le feu ennemi. Par cette percée pénétra la compagnie du peloton “C”, qui nettoya l'usine de blocs de béton. Elle progressa direction Sud et fit un barrage non loin de la mosquée de Cheikh Jerrah. Suivait le peloton “D” qui avança direction Nord vers l'intersection Wadi Djoz et positionna ses forces afin d'assurer celles qui devaient attaquer en profondeur. L'ennemi qui était posté et équipé d'une mitrailleuse lourde, dans un retranchement surnommé “La Maison Brûlée”, ouvrit le feu sur les soldats qui occupaient ce barrage. Une attaque de front menée par les officiers du Bataillon fut repoussée, faisant des morts et des blessés. Une offensive supplémentaire de la section des saboteurs échoua elle aussi, et la mitrailleuse lourde fut mise au silence en fin de compte, grâce a l'intervention et le tir ciblé de deux Jeeps montées de canons anti-chars sans recul. Les combattants de l'escadron “C” qui avaient défoncé les lignes du flanc Nord, durent faire face à une farouche opposition des soldats de la Légion Jordanienne, qui se trouvaient dans deux autres positions retranchées et bétonnées dans deux maisons surnommées “La Maison Rouge” et “La Maison Blanche”. Une dernière offensive sous le commandement de l'officier responsable des opérations, lui-même blessé, et d'une classe de combattants de l'escadron “C”, permit le nettoyage de ces deux positions. Cette même force continua par la suite de prendre d'assaut d'autres positions ennemies sur son parcours.

En parallèle, les forces qui étaient en position offensive (escadrons “C” et “A”), continuèrent d'avancer sans trop de difficultés. L'escadron “D” opérait en trois têtes de files: la première- avançait vers Wadi Djoz s'accaparant des positions de mortiers qui étaient vides de soldats. La deuxième, progressait sur la route qui surplombait Wadi Djoz sans rencontrer d'opposition ennemie quelconque. La troisième avançait sur la route qui traversait la Colonie Américaine et le quartier de Bab-A-Zahara. La force principale continuait d'avancer vers “le Carrefour des Garages”. Près du Carrefour l'escadron “C” se transformait en fer de lance. Ce dernier arrivera jusqu'au bout de Wadi Djoz et s'organisera non loin du Musée Rockefeller, afin de contrôler et surplomber de cet endroit l’axe routier qui reliait la Vieille Ville. La force aperçut des soldats jordaniens qui se préparaient à descendre du Mont des Oliviers vers la Vieille Ville. Le commandant de l'escadron, Yoram Zamouch, demanda un appui de l'artillerie des mortiers, qui fit obstacle aux intentions de l'ennemi. Ici arriva le chef du Bataillon Ouzi Ilam (au Carrefour des Garages) afin de donner un compte rendu précis, détaillant au Chef de Division, les objectifs et missions accomplies par son bataillon.

En attendant le Chef d'État-Major décida de ne pas entrer encore (supprimer la virgule) dans la vieille ville de Jérusalem, tandis que la Division 55 se préparait sur place à la suite des combats. Le scénario suivant devait être l'encerclement et l'isolation de la Vieille Ville. La Division 55 eut pour mission de passer à l'attaque sur les hauteurs de Augusta Victoria, ancien hospice, et A-Tor, le bataillon 71 devait mener cette offensive avec l'appui d'un escadron de chars du commandement. L'attaque commença à 09.30 du matin par Wadi Djoz. Suite a une erreur d'analyse topographique, les chars et l'unité de reconnaissance de la Division étaient sous le feu ennemi en provenance des murailles causant des pertes lourdes. Malgré cette situation embarrassante, le Chef de division donna l'ordre à son officier de se mettre en tête du reste de ses chars, qui étaient encore en bonne condition technique, de prendre la bonne route qui menait à Augusta Victoria, et au bataillon 71 de continuer sa mission. Plus tard. une fois encore, l'objectif fut changé et Uzi Narkiss, donna l'ordre au Chef de la Division 55 Motta Gour, d'être prêt pour le matin du 7 Juin à attaquer les hauteurs de Augusta Victoria avec un appui de l'artillerie et des forces aériennes.

Craignant un cessez-le-feu proche, cette mission changea elle aussi, et le nouvel ordre était de rentrer dans la Vieille Ville et de la libérer. Le bataillon 71 lui, devait avancer de wadi Djoz vers les hauteurs de Augusta Victoria. Au moment où fut reçu l'ordre de mission de rentrer dans la Vieille Ville, le Bataillon a dû revenir sur ses pas et entrer dans la Vieille Ville par la “Porte des Lions”. Le bataillon commença a grimper sur les hauteurs de Augusta Victoria, mais lorsqu'il arriva sur place, ils se joignirent aux troupes du bataillon 66 qui étaient déjà là, en avance sur eux. Dès cet instant l'escadron “A” (sous le commandement de Zamouch), servit de renfort pour la percée de la Vieille Ville, mission qu'il accomplit avec le chef de Division, qui en fin de compte libéra le Mur des Lamentations et le Mont du Temple.

Le 28ème Bataillon:

Lors de la percée, la mission du Bataillon était de servir de renfort et de couverture de la Division. Le stade suivant était de pénétrer sous les ordres de Yossi Fredkin, par cette percée, créée par le bataillon 71, vers l'usine des blocs de béton, de progresser vers les rues de Salah-A-Din, de s'emparer du Musée Rockefeller et du Carrefour qui contrôlait la Porte des Lions. Il fallait qu'une force restât en état d'alerte pour l'entrée dans la Vieille Ville. Cette mission fut attribuée au bataillon 28, car ses combattants étaient expérimentés et anciens dans la Division, avec à leur palmarès plusieurs actions de représailles en territoires ennemis. Dès le début des hostilités ils furent pris plus d'une fois sous des tirs d'artillerie leur causant des pertes humaines. Le commandant du Bataillon décida de ne plus perdre de temps, de commencer l'offensive et d’exécuter son ordre de mission. Le peloton “A” menait en tête vers la route de Sichem (Dereh Schem), réparti sur les deux côtés de la route. Soudain il fut pris sous le feu ennemi provenant de “La Maison Brûlée”, surnommée comme telle, car son toit fut brûlé par un obus de canon. Le chef du bataillon envoya une classe nettoyer et supprimer cette source de feu. La compagnie 1, menait le bataillon et fut prise sous le feu qui venait de la maison de la Légion Arabe qui était bel et bien retranchée. Le nettoyage fut délicat et dur car plusieurs soldats furent atteints par le feu de l'ennemi. Pendant le nettoyage on découvrit dans la cour une très longue tranchée communicante tout le long de la ville, donnant aux Légionnaires un avantage et une facilité d'observation sans être vu.

D'après le plan initial les forces devaient se diriger de la route de Schem vers la rue Salah-a-Din, où se trouvent aujourd'hui les bureaux de l'administration juridique et le tribunal régional. Le chef de la compagnie 1 se trompa et se dirigea le long de la route de Schem. Cette erreur rallongea le parcours, agrandissant les pertes de ses soldats. Ce fut la raison pour laquelle le Chef du bataillon décida de leur donner des renforts de chars.

A 06.15h. la force arriva au bâtiment de YMCA Est et fut “accueillie” par un feu nourri leur causant de nombreuses pertes. Une mitrailleuse lourde en position sur un balcon, inquiétait les paras. Aidés par les chars qui tiraient en direction du balcon, ils réussirent à nettoyer ce bâtiment, passant chambre par chambre, couloir par couloir et escaliers par escaliers.

Dans leur mouvement les Paras de l'escadron, furent pris sous le feu qui provenait des murailles de la Vieille Ville. Le chef d'escadron “A” donna l'ordre à ses soldats de progresser dos collé aux murs des maisons, afin d'arriver à une traverse (une ruelle) pour aller neutraliser le feu ennemi, tel que la situation l'exigeait. Deux des soldats de l'unité qui entrèrent les premiers furent tués eux aussi. A ce stade le commandant du Bataillon décida de faire avancer l'escadron “C” en fer de lance avec deux soldats supplémentaires (supprimer la virgule) dans cette traverse, ces derniers n'étant pas conscients de ce qui s’était passé auparavant. Ils furent tués eux aussi. En fin de compte cette traverse fut nettoyée à l'aide des chars qui firent exploser le bunker où se trouvait le franc-tireur qui visait (supprimer sur) nos soldats.

Dans cette traverse surnommée la “traverse de la mort” , les combats durèrent plus de deux heures. L’objectif suivant du bataillon fut celui du Musée Rockefeller qui fut nettoyé auparavant par le 71ème bataillon.

Le Musée Rockefeller devint le lieu de rassemblement de tous les escadrons qui y étaient parvenus, des officiers et du commandement qui avaient combattu, ainsi que du chef de la Division. De là, le Bataillon était celui qui devait pénétrer la Vieille Ville par la “Porte du Roi Hérode” ou “Porte des Lions'.

Avec l'ordre de pénétrer dans la Vieille Ville, le bataillon accomplit sa mission en se dirigeant direction Nord vers “La Porte de Schem” et de la vers la “Nouvelle Porte”. Cette mission accomplie, le bataillon termina son rôle dans cette guerre.

 





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